mardi 18 mai 2010

LE SEXE FORT A UN COUP D’MOU…

Les hommes sont tous des cochons, c’est bien connu. Les aventures extra-footballistiques de nos stars hexagonales du ballon icosaèdre (j’aurais pu écrire « rond », mais ça sonnait moins bien…) sont là pour nous le rappeler. Je trouve d’ailleurs amusant de noter, au passage, et sans lien quelconque avec la suite de mes propos, qu’initialement les ballons de football ont été fabriqués avec des vessies… tout comme les préservatifs… Comme quoi… Voudrait-on nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?

Bref, je m’égare... Les hommes sont tous des cochons, disais-je. J’écoutais il y a quelques temps de cela, à la radio, des anonymes qui appelaient pour donner leur point de vue sur ce passionnant[1] débat. Les femmes étaient unanimes. Les hommes sont quand même, par nature de vilains cavaleurs qui passent leur temps à tromper leur légitime et à avoir des désirs lubriques.

Berk… Il ne fait pas bon être un homme par les temps qui courent !

Mais comme je suis un homme malgré tout (j’ai pas fait exprès) je vais quand même tenter de défendre la cause des membres (pas de jeux de mots douteux, merci) de ma tribu.

Les hommes passent leur temps à avoir des relations extraconjugales, donc. Bon… C’est pas bien… Mais ces aventures, ils les ont avec qui ? Avec des chèvres ? Des poupées gonflables ? Non, avec des femmes, en général… Mince ! Alors, les femmes aussi ! Mais alors, ce sont des cochonnes elles aussi ? Ah non ! Elles, c’est différent : elles vivent leur sexualité de manière épanouie ! Ah oui, c’est sûr, ça n’a rien à voir…

Je sais bien que la condition féminine, notamment en matière de sexualité, n’a pas toujours été des plus positives et qu’aujourd’hui encore, d’une manière globale, le tableau est loin d’être rose. Mais quand même, on constate un drôle de renversement dans nos pays dits civilisés. Imaginez donc : un homme qui regarde un film de cul, c’est… ? Un vicieux, bien sûr ! Une femme qui n’a pas de godemichet dans son sac à main ? Une coincée… Un homme qui offre de la lingerie sexy à sa bien-aimée, c’est… ? Un obsédé, voyons ! Une femme qui offre un string à son mari ? Une femme sensuelle qui sait donner du piment à sa vie de couple… Un homme qui se paluche, c’est… ? Un pauvre type qui n’a pas de copine, voire même, éventuellement, un pervers… Une femme qui se masturbe ? Elle découvre toutes les potentialités de son corps !

A tel point qu’on a l’impression, aujourd’hui, que tout ce qui peut relever de la sexualité féminine est synonyme de beauté, de libération et d’élévation et que tout ce qui se rapporte à la sexualité masculine renvoie à l’exploitation, à la vulgarité et aux instincts les plus primaires… Vous imaginez, vous, un magazine masculin vantant les mérites d’un sex-toy pour homme : « Mal au poignet ? Essayez la machine à branler ! Prix adaptés à toutes les bourses »… Je ne suis pas sûr que ça passe...

D’ailleurs les pubs ne s’y trompent pas. J’en vois au moins deux qui jouent avec la symbolique de la masturbation. La première met en scène une femme qui prend son pied, seule, à genoux sur son lit. Son petit ami, qui est à l’extérieur, essaye de la joindre au téléphone, mais elle ne répond pas, trop occupée à se faire du bien. Pourtant, le garçon insiste. Au final, le spectateur comprend que madame est assise sur son téléphone portable et que c’est son chéri qui, en téléphonant, génère les orgasmiques vibrations. Madame est contente ; monsieur aussi. Tout va bien.

Autre pub : un homme seul se trouve dans une cuisine, face à un évier. Il tourne le dos à la caméra. Le mouvement de va-et-vient exercé par son bras est très explicite : il est en train de se tirer énergiquement sur la nouille. Par contre, autant le plaisir de la femme dans la pub précédente était représenté de manière poétique (tons chauds, lumières tamisées), autant là, l’ambiance est tristounette : lumière vive, plaisir pris apparemment à la sauvette. Et soudain, l'épouse de ce honteux adorateur d'Onan entre dans la pièce. Stupeur ! Que fait son cochon de mari ? Monsieur se retourne tout penaud. Ouf ! Il était en train de battre des blancs en neige (il me semble). Tout va bien, la morale est sauve…

*

A la télé, il y a quelques jours de cela, dans je ne sais plus quelle émission de téléréalité à la noix, il y avait deux femmes en quête de l’homme idéal qui discutaient entre-elles :

Femme n°1 : Et Jonathan, il ne te plait pas ? Il est pas mal ?

Femme n°2 : Ouais, mais il est trop sûr de lui… Il doit cavaler après toutes les filles. J’ai besoin de quelqu’un sur qui compter, pas d'un coureur de jupons…

Femme n°1 : C’est sûr… Alors il y a Helmut…

Femme n°2 : Helmut ! Ca va pas ! Il m’a dit qu’il n’avait pas eu de relations sexuelles avec une femme depuis plusieurs années ! Il doit avoir un problème ! C’est pas normal ! Moi je veux pas d’un type comme ça !

Et au final, vous savez quoi ? Elle a choisi Jonathan … La cochonne !

Stéphane Beau

Crédit illustration : http://www.photosaga.com/curios/pages/L'oeil%20cochon.htm


[1] Heu…

10 commentaires:

  1. Une cochonne ? Je croyais que Jonathan était un goëland ?

    RépondreSupprimer
  2. En tout cas, c'est un drôle d'oiseau !

    RépondreSupprimer
  3. Excellent, cher Stéphane...La société matriarcale bat son plein depuis les coassements des grenouilles dites féministes.
    La grosse stupidité du féminisme fut bien d'avoir considéré, dans la même logique que celle qui alimente le racisme, que, par définition, les hommes étaient tous des exploiteurs couillus et les femmes des agnelles soumises auxdits exploiteurs...Tout ça dans un mépris total de l'individu...
    Quand j'ai dit un jour à une féministe à la con qui me cassait les couilles ( sans jeu de mots) avec ses dicours pleurnichards, éculés, manichéens,que c'était moué,homme raisonnablement membré, qui, dans le couple assumait la contraception, elle m'a regardé avec des yeux furibonds, comme si j'étais, dans ma démarche ultra progressiste, en train de lui voler son drapeau.J'étais un espion, un infiltré, un sournois!

    Tiens, écoutons Brassens, ce phallocrate, ce bourru, ce connard, ce Priape du déduit :

    " Quand on veut les trousser, on est un phallocrate,
    Quand on ne le veut pas, un émule de Socrate"

    RépondreSupprimer
  4. Quelques phrases chromosomiques du dessinateur Ylipe, tirées de Textes sans paroles :


    J'ai le sexe faible.

    *

    On ne peut compter que sur ses doigts.

    *

    Mon chromosome Y a été classé X.

    *

    Si vous n'avez jamais vu de femme nue, une photographie de femme nue ne vous dira pas grand-chose.

    *

    Si les oiseaux volent mieux que nous, c'est qu'ils n'ont pas les couilles qui pendent.

    *

    Mes goûts ne sont pas tous de la nature.

    *

    J'aime regarder les arbres sous leurs jupes.

    *

    Un beau cul n'en a pas toujours l'air.

    *

    Ce n'est pas le coq qui chante qui a pondu l'oeuf.

    *

    L'égalité finit là où l'égalité commence.

    RépondreSupprimer
  5. Stéphane Prat19 mai 2010 à 11:48

    Il fallait lire, bien sûr : Mes goûts ne sont tous [dans] la nature.

    RépondreSupprimer
  6. Il faut donc lire :
    Mes goûts ne sont (pas) tous dans la nature..
    On va y arriver...On va y arriver...

    RépondreSupprimer
  7. Stéphane Prat19 mai 2010 à 16:46

    "...pas tous dans la nature.", absolument.
    Et en prime une petite dernière du même auteur, extraite du même livre, pour rendre hommage à la fois au misogyne Sigmund Freud et au féministe Michel Onfray :

    "Pénétrer sa mère serait un juste retour des choses."

    RépondreSupprimer
  8. Sans oublier que j'ai bien l'impression qu'on baise de moins en moins et de plus en plus mal dans les colonies américaines du globe. C'est tout à fait naturel : mal-jactance, mal-bouffe, mal-baise. Quand je vois les gueules ternes et frustrés des mes collègues de Labeur, et quand j'entends l'épanouissement partout dans l'art, la pub, le cinéma, bref toutes la Représentation ; j'ai bien l'impression d'être un extra-terrestre. Très bon texte, je retiendrais : "A tel point qu’on a l’impression, aujourd’hui, que tout ce qui peut relever de la sexualité féminine est synonyme de beauté, de libération et d’élévation et que tout ce qui se rapporte à la sexualité masculine renvoie à l’exploitation, à la vulgarité et aux instincts les plus primaires… "

    RépondreSupprimer
  9. ça change des discours féministes et j'ai trouvé cela
    "Rigolo" et pertinent, pas faux et pas vrai, à la fois faux et vrai quoi, enfin, pas mal du tout!

    Je reviendrai

    balle bue scie ment

    RépondreSupprimer
  10. Marci, cher anonyme.

    Cet article fait de toute manière partie d'une chronique intitulée "à rebrousse poils", c'est-à-dire que je m'y applique à caresser le dit poil en sens inverse du pli pris... Et quand le pli pris est bien incrusté, ma caresse est parfois un peu lourde, j'en conviens !

    Mais amusez-vous à regarder les unes des magazines dits "féminins" : il n'y a pas une semaine sans article du genre "Osez-vous tout au lit ?" "Etes vous une bête de sexe ?" ou autres thèmes à la noix de ce type... Pas l'impression qu'on trouve l'équivalent chez les hommes (ou on passe alors aux magazines porno-érotique que l'on achète de manière honteuse en les cachant entre les pages du Monde ou du Nouvel obs...)

    RépondreSupprimer