vendredi 3 décembre 2010

LE PLUS BEL AGE DE LA VIE

Il neige sur presque toute l’Europe où l’on ne parle par ailleurs que de crise, quand ce n’est pas de faillite : Comme si elles appartenaient au même pays, Rome et Londres connaissent des manifestations d’étudiants, et l’on ne sait plus laquelle est capitale. Car Birmingham, Sheffiels, Liverpool, Manchester, Brighton, mais aussi Milan, Palerme, Venise, Bari bruissent des mêmes protestations : ici c’est Berlusconi qui est conspué, là c’est Cameron, bientôt on se saura plus où l’un et l’autre gouverne, puisque les raisons des mécontentements sont ici et là les mêmes : frais d’inscription aux universités en hausse drastiques, insertion de plus en plus décisive du secteur privé dans les cursus universitaires…

En Grèce, en Irlande, les étudiants aussi se joignent aux cortèges de mécontents. …

Chacun haussant le ton contre son propre gouvernement.

Jamais en Europe, la confusion n’a été aussi grande.

Des états qui semblent tous les provinces d’un même gouvernement disséminé, sorte d’hydre à trop de têtes, d’instances, d’étages : Sarkozy, Merkel, Zapatero, Trichet, Barroso …

Des peuples votant à droite, votant à gauche, ne votant plus, et soumis à la même précarité.

Des classes moyennes « inquiètes », et de plus en plus « déclassées », dont on dit qu’elles pourraient finir par se tourner vers les « extrêmes ».

Un peu partout, on voit se lever des « personnalités » porteuses « d’espoir » : Toujours la même antienne.

Il semble que le meilleur garant de l’ordre soit devenu l’entretien méthodiquement et médiatiquement organisé du désordre.

Dans cette espèce de désintégration/décomposition, le vieux continent atteint ainsi un point de non aller et de non retour, comme si trop de générations contradictoires empilaient là des conceptions de l’avenir incompatibles, du « plus jamais ça » des plus vieux au « no future » ou au « chacun pour soi » des plus jeunes.

« J’avais vingt ans, disait Nizan, et je ne laisserai personne dire que c’est … »

Solko

2 commentaires:

  1. Cettte incursion du secteur privé dans les cursus universitaires a de quoi inquiéter. Il faudra payer plus cher pour pouvoir étudier les programmes mis au point par votre futur patron. Quant à la culture, là-dedans...

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  2. Et faudra -t'il payer aussi pour trouver du travail?

    librellule

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