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mercredi 22 septembre 2010

QUESTIONS A TITRES : SOLKO

NEUF QUESTIONS A TITRES

Réponses de Solko

°°°

1 – Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

En fait, je ne crois pas trop à l’existence de la plage. C’est ce qui, jusqu’à présent m’a évité de couler.

2 – Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

Ne plus voter, c’est ne pas donner sa voix. Ne pas donner sa voix, c’est sauver sa parole. Sauver sa parole, c’est sauver sa raison d’être, et donc pouvoir continuer à nager.

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

Puisqu’on parle « d’amour du prochain », à l’âge quinze seize, j’ai épinglé une parole du Christ sur le mur de ma chambre : « la haine n’a pas d’avenir ». Phrase très sensée : on ne hait que « dans l’instant ». On n’aime aussi que comme ça. C’est peut-être ça, le problème…

4 Qui gagnera le combat pour l’individu ?

Quel combat ? Celui pour sa survie ? Un combat intellectuel ? Spirituel ? Je me remémore souvent la phrase que Louis Guilloux avait choisi de placer en bandeau sur la couverture de son livre Le sang noir, lorsque celui-ci est sorti : « La vérité de cette vie, ce n’est pas qu’on meurt, c’est qu’on meurt volé ».

5 – Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

A survivre, justement.

6 – Rien que de la viande ou une fille perdue ?

J’ai bien aimé la réponse que Stéphane Beau a faite à cette question. Sauf que les frites, je n’aime pas trop. Les pommes de terre, je les préfère en gratin dauphinois. Bien poivrées.

7 – Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

Alors ça, vois-tu, c’est ce genre de question à trois ronds qui fait que je déteste franchement ce genre de petit jeu qu’on joue là. J’en profite pour dire à Stéphane Prat qu’il est drôlement fortiche : je crois que c’est le premier qui arrive à m’y faire jouer.

8 D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

« Enfin, je l'ai achevé cet ouvrage que ne pourront détruire ni la colère de Jupiter, ni les flammes, ni le fer, ni la rouille des âges ! Qu'il arrive quand il voudra ce jour suprême qui n'a de pouvoir que sur mon corps, et qui doit finir de mes ans la durée incertaine : immortel dans la meilleure partie de moi-même, je serai porté au-dessus des astres, et mon nom durera éternellement. Je serai lu partout où les Romains porteront leurs lois et leur Empire ; et s'il est quelque chose de vrai dans les présages des poètes, ma renommée traversera les siècles ; et, par elle, je vivrai. »

C’est la fin des Métamorphoses. La première fois que j’ai lu ce texte, et à chaque fois que je le relis comme là, par exemple, il me fascine autant. Ovide ne répond pas à la question. Mais il répond à la raison pour laquelle on la pose.

9 – Quel titre donnerais-tu à ton existence ? (Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer, Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

Tu sais bien que ce sont les éditeurs qui choisissent in fine les titres des romans. Les existences ont-elles un éditeur ? Je n’ai pas rencontré le mien…

samedi 18 septembre 2010

QUESTIONS A TITRES : PATRICE MALTAVERNE

NEUF QUESTIONS A TITRES

Réponses de Patrice Maltaverne

°°°

1 – Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

J’ai envie de reculer encore la plage à moins qu’il me semble soudain préférable de transpercer cette monstrueuse matrice qui la recouvre.

2 – Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

Bien sûr que non. Tous les matins, je me parfume tout le corps à l’eau de rose de l’Idéal, sans pour autant consentir à descendre perdre l’air dans les urnes où ça sent très mauvais.

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

L’amour du prochain aide à se sentir plus seul tandis que la haine de l’ennemi multiplie les créatures qui ne sont pas de rêve mais sur qui on peut baver sans danger vu qu’elles n’existent pas.

4 – Qui gagnera le combat pour l’individu ?

C’est l’individu qui déteste que tous les individus se ressemblent qui gagnera le combat pour l’individu, non sans avoir auparavant tué tous ses semblables.

5 – Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

J’ai appris à me soulager dans les églises désertes.

6 – Rien que de la viande ou une fille perdue ?

Rien que la viande s’il n’y a pas de pain à perdre.

7 – Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

Non, au contraire, car la vie manquant désormais de consistance, il faudrait que la poésie fût encore plus affreuse.

8 – D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

Nous serons plutôt des ombres gisant sous la terre et en tant qu’éternels sédiments, nous remonterons à la surface sous forme de lingettes marron écrasées sur la route d’un soleil replet.

9 – Quel titre donnerais-tu à ton existence ? (Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer, Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

Puis-je donner Sexy bourdon ?

samedi 11 septembre 2010

QUESTIONS A TITRES : LOUIS LE GUEN

Neuf questions à titres

Réponses de Louis Le Guen

°°°

1 – Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

Je continue de surfer et d’apprécier le swell.

2 – Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

Le tout est d’espérer ne pas finir victime des folies d’un Caligula…

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

Ricœur a très justement dit que dans la vie, il faut accepter d’avoir des ennemis et vivre avec. Quand à l’amour du « prochain », je le réserve pour ceux à qui je dois la vie, à ceux qui me la doivent et à celle qui supporte de partager la sienne avec moi !

4 Qui gagnera le combat pour l’individu ?

L’adolescent éternel.

5 – Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

Qu’il faut accepter son illusion vitale et apprendre à s’en évader de temps en temps.

6 – Rien que de la viande ou une fille perdue ?

Une bonne côte de porc grillée avec un bon Côte du Rhône.

7 – Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

Quand tout devient terne

Ouvrir un recueil de poèmes

La nuit venue.

8 D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

Archivistes de nos vies, le désir de laisser des traces nous obnubile mais nous avons conscience du processus inéluctable de destruction, ombres pensantes que nous sommes.

9 – Quel titre donnerais-tu à ton existence ? (Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer, Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

Un désir de farniente

mercredi 8 septembre 2010

QUESTIONS A TITRES : SEBASTIEN DOUBINSKY

Neuf questions à titres
Réponses de Sébastien Doubinsky
°°°
1 - Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?
Je me réveille.
.
2 - Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?
Non. Il faut abandonner le dictateur. .
3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?Non.
Jamais. .
4 - Qui gagnera le combat pour l’individu ?
Camus.
.
5 - Qu’as-tu appris à l’école du réel ?
Tout.
.
6 - Rien que de la viande ou une fille perdue ?
Je ne suis ni macho, ni proxénète, ni prêtre.
.
7 - Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?
La vie est radicalement poétique.
.
8 – D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?
Aucune importance.
.
9 - Quel titre donnerais-tu à ton existence ? (Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer, Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)
« Et voilà ! »

jeudi 19 août 2010

QUESTIONS A TITRES : BERTRAND REDONNET

Neuf questions à titres

Réponses de Bertrand Redonnet

°°°

1 – Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

Je ne sais pas nager…Je n’ai jamais su nager…La plage, quand j’étais p’tit, je l‘ai crue sous les pavés…Mais sous les pavés, il y avait d’autres pavés…Ou alors, on n’a pas creusé assez longtemps, ou assez profond…Depuis, on est toujours dans le creux d’une vague…Alors je me dis que la plage, ça doit être un peu comme une sorte de religion. Un truc qui fait patienter les gens à genoux.

2 – Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

Non point. Ça me donnerait plutôt envie de pendre le dictateur avec les couilles des démocrates. Tu vois comme mon idéal (mon fantasme, oui, si tu veux) ne sent pas trop l’eau de rose…

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

Toujours. Mais faut pas le répéter aux autres : Ils ne voudraient plus être mes ennemis.

4 Qui gagnera le combat pour l’individu ?

L'allégresse du combat lui-même.

5 – Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

Un goût certain des utopies

6 – Rien que de la viande ou une fille perdue ?

Là, j’comprends pas trop. Doit me manquer des références

7 Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

Sans aucun doute

8 D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

Nous laisserons les étrons de notre insignifiance

9 – Quel titre donnerais-tu à ton existence ? (Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer, Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

La solitude du coureur de fond. Avec ou sans la contrepèterie.

samedi 14 août 2010

QUESTIONS A TITRES : STEPHANE BEAU

Neuf questions à titres

Réponses de Stéphane Beau

°°°

1 – Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

Dans tous les domaines de mon existence, ma philosophie reste la même : je me soucie plus du prochain pas que je dois faire que la distance qu’il me reste à parcourir.

2 – Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

L’opposition Démocratie/Dictature ne veut rien dire… Il n’y a pas de différence de nature… Juste une différence de degré et de méthode… C’est comme pour le suicide : on peut choisir la méthode forte (une balle dans la tête) ou lente (l’alcool), mais sur le fond la logique reste la même.

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

Non… cette glorification de l’ennemi est ridicule. C’est du romantisme de bazar. Cette question n'a pas plus de sens que si on me demandait si je préférais manger une bonne glace ou avoir des hémorroïdes…

4 Qui gagnera le combat pour l’individu ?

La masse… L’individu n’a jamais gagné et l’histoire ne plaide pas en sa faveur…

5 – Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

L’école du réel est une école particulière puisqu’elle n’ouvre jamais ses portes et que ses élèves n’arrivent à en voir l’intérieur qu’en collant leur nez sur les fenêtres… L’école du réel nous apprend donc que la seule école possible… c’est l’école buissonnière…

6 – Rien que de la viande ou une fille perdue ?

Bof… Je ne suis pas un amateur d’emmerdements… Donc la fille perdue, très peu pour moi… Après, de la viande… Pourquoi pas… avec des frites…

7 Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

Mais la vie est poétique… largement plus, en tout cas, que les œuvres d’un bon paquet de poètes !

8 D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

Je n’en sais rien et je m’en fous… J’ai déjà assez de mal comme ça à m’accommoder de mon ombre et à suivre mes propres traces de mon vivant… Après, ce ne sera plus mon problème.

9 Quel titre donnerais-tu à ton existence ? (Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer, Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

Zéro de conduite.

samedi 7 août 2010

QUESTIONS A TITRES : THOMAS VINAU

Neuf questions à titres

Réponses de Thomas Vinau

°°°

1 - Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

Dos crawlé… pour relativiser la taille du ciel

2 - Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

Non. Faut le comprendre, s’il en appelait à l’extermination et à l’exploitation absolue, il aurait moins de chance de faire son trou. De toute façon, il fera le nôtre. Suffit de se désinfecter les oreilles.

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

Si, mais moins durable… C’est comme choisir entre amphétamine et caféine, à la longue, le second passe mieux.

4 - Qui gagnera le combat pour l’individu ?

Le groupe…

5 - Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

Qu’il faut accepter de devenir pour commencer à être… putain, là j’ai tout donné !

6 - Rien que de la viande ou une fille perdue ?

La viande n’a pas le goût de la sueur et des larmes d’une fille perdue

7 - Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

On ne s’en passerait pas. On la respirerait. On la boirait. On la chierait. On construirait des maisons avec. On se laverait les dents avec. On y ferait cuire notre nourriture. Et puis un jour un type s’en servirait contre un autre. Nous pourrions alors commencer à poétiquement tous nous détruire la gueule.

8 – D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

Comme des traces de doigts sur les vitres…

9 - Quel titre donnerais-tu à ton existence ? (Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer, Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

La vache et le prisonnier…

samedi 31 juillet 2010

QUESTIONS A TITRES : STEPHANE PRAT

Neuf questions à titres

Réponses de Stéphane Prat

°°°

1 - Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

Je prends le large.

2 - Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

Absolument.

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

Les deux détruisent. Je n’éprouve pas d’amour exagéré pour mon prochain, en dehors de ma sphère personnelle, et je n’aime pas beaucoup la haine. Pourtant, une société comme la nôtre, où on ne se fait plus de véritables ennemis, ce qui supposerait que les conflits, les antagonismes comme la générosité jouent à plein, une telle société me semble aussi inquiétante que fade.

4 - Qui gagnera le combat pour l’individu ?

Cesser de combattre contre soi-même c’est déjà marquer un point. Ensuite je ne vois pas qui, à part moi-même, je pourrais enrôler dans mon combat. Et je crois qu’il n’y a rien d’autre à y gagner.

5 - Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

Qu’il n’y a pas moyen de lui échapper. Si on n’accède pas à ce savoir à l’adolescence, on n’y accèdera jamais. On peut ensuite très vite en trouver confirmation en lisant quelques penseurs tragiques, quelque lignes de Clément Rosset, par exemple. Mais il vaut quand même le coup d’aller vérifier par soi-même, et il est le plus souvent profitable de se montrer un peu dur à la détente. La compréhension, l’apprentissage sont vertigineux, contradictoires et n’engagent pas que l’intellect.

6 - Rien que de la viande ou une fille perdue ?

Une poire pour la soif.

7 - Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

S’il s’agit de mettre de la poésie dans la vie, ce n’est quand même pas pour s’en passer !

8 – D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

Tout nous laisse à penser que nous ne serons pas plus avancés à la fin qu’au commencement. Nous sommes, déjà, comme des ombres sur la terre et nous ne voyons plus depuis longtemps les traces que nous y laissons. Alors, même si c’est faire preuve d’un optimisme démesuré que de concevoir une planète sans homme, quelles traces pourrions-nous y laisser si nous n’y sommes plus ?

9 - Quel titre donnerais-tu à ton existence ? (Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer, Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

Une marionnette sans langue de bois.

samedi 24 juillet 2010

QUESTIONS A TITRES : JULIEN VEDRENNE

Neuf questions à titres

Réponses de Julien Vedrenne

°°°

1 - Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

Eh bien, je sais qu’il y a des courants contraires très forts aux abords des côtes. Et puis, il est certains propos qui ne me font malheureusement plus réagir. En même temps, je verrais très bien sur la plage cette bonne vieille guillotine et ces non moins vieux hommes en noir qui attendent de relever les corps fatigués ruisselants d’eau salée pour mieux leur poser la tête sur le billot. Bref, on est mieux dans l’eau, non ?

2 - Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

La démocratie n’existe pas ! Je rappelle que dans le meilleur des cas, on élit un homme ou une femme, et qu’après, il ou elle fait ce qu’il veut. Anti-sarkosyste primaire, je suis souvent abasourdi par ses opposants qui sont infichus de reprendre son programme et de dire : montrez-moi où c’est écrit ce que vous êtes en train de faire, là, que je vérifie que les Français vous l’ont bien demandé… Dans une société à plusieurs millions de personnes, où il y a un leader d’opinion pour dix brebis, la démocratie ne peut pas exister. Au mieux, si la démocratie punissait vraiment fortement ses ennemis, ceux qui la détruisent ou qui s’en servent, ça pourrait être drôle. J’imagine la cavité dans laquelle on mettrait pêle-mêle les têtes de De Villepin, Fabius, Sarkozy, Maurois… Ah il y aurait du vieux sang dans les rigoles et du sang neuf à l’Assemblée…

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

La haine de l’ennemi est bien plus délectable que l’amour du prochain. On fait les choses par haine et non par amour. Je crois que le plus grand leitmotiv dans la convoitise (et par là-même l’amour de son prochain) c’est surtout que l’on obtient au détriment des autres. Je blesse dont je suis.

4 - Qui gagnera le combat pour l’individu ?

Raymond Domenech ? Plus sérieusement, le combat pour l’individu n’a plus lieu d’être. Il est malheureusement déjà gagné. Si l’on observe les gens, ils ne pensent plus qu’à eux. Rentrent vite regarder leur télé, jouer à la Playstation ou s’écoutent parler au téléphone qu’ils ont greffé à la main alors que leur oreilles ont crû de manière symptomatique, excroissance d’un lecteur mp3 bidon qui les empêche d’entendre la vie des autres. Le combat pour la société, est une belle utopie, mais certains matins je me plais à penser qu’il pourrait reprendre.

5 - Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

Que l’on n’apprend rien, et qu’il est plus simple de s’enfermer dans le virtuel. Plus réconfortant aussi. J’ai appris que le réel d’aujourd’hui nous rend plus facilement malade qu’hier, et que l’infantilisation est sa marque de fabrique. Le réel diffère selon ce que l’on veut nous faire croire, ingurgiter, dégueuler. Mon réel est proche de certaines autres personnes qui m’entourent mais très loin de ce que j’observe chez beaucoup d’autres. Bon d’accord on est en plein poncif, mais ce n’est pas de ma faute.

6 - Rien que de la viande ou une fille perdue ?

Un peu des deux, je pense. Et c’est dommage. Enfin, dans un monde où la poésie est absente comme je ne l’ai pas démontré avec brio, c’est plus de la viande qu’une fille perdue.

7 - Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

J’ai un gros problème avec la poésie en tant que forme stylistique. Personnellement, que la vie soit poétique ou pas, j’arrive très bien à me passer de la poésie. Après, si elle n’est pas exclusive mais qu’elle se fond dans le reste, alors, force est de constater que la vie aurait une certaine forme de poésie et que oui on pourrait se passer de poésie encore plus facilement.

8 – D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

Déjà, il me semble que tout le monde fait caca. C’est scatologique, mais c’est aussi une trace. Plus l’on s’oriente vers le virtuel, mais on prend le risque de laisser des traces. Ce n’est peut-être pas plus mal au fond. Je n’aimerais pas que les quelques générations futures qui restent se rappellent notre époque. Je dis ça mais au fond, il y a plein de traces que j’aimerais que nous laissions. Je suis assez surpris de croiser chaque jour des personnes qui me font envie, qui se bougent le cul, qui me montrent que le Grand Dictateur comme tu l’appelles, malgré sa taille, son ego, sa crétinerie et j’en passe, qui avec toute sa clique tend à éliminer tout ça, va perdre la partie.

9 - Quel titre donnerais-tu à ton existence ? ( Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer , Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

L’Éveillé du val

samedi 17 juillet 2010

QUESTIONS A TITRES : FABRICE MARZUOLO

Neuf questions à titres

Réponses de Fabrice Marzuolo

° ° °

1 - Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

Je bois la tasse car pendant qu'on boit la tasse le creux de la vague passe

2 - Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

L'eau de rose de la démocratie doit plus à l'imbécillité des électeurs qu'au suffrage universel du dictateur. Je pense qu'une démocratie n'a d'intérêt qu'avec des peuples dans la rue car ces derniers temps j'ai le sentiment qu'on offre les démocraties sur un plateau télé aux peuples assis, c'est-à-dire quand il n'y a plus aucun risque de changer les choses par les urnes.

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

Plus délectable, je ne crois pas, mais il y a tellement moins de connotation religieuse dans la haine que dans l'amour du prochain…

4 - Qui gagnera le combat pour l’individu ?

D'une certaine manière le combat doit sortir vainqueur pour qu'il n'y ait pas que des vaincus! C'est un combat quotidien, dès lors qu'il l'abandonne, l'individu perd sa raison d'être et donc perd ce combat.

5 - Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

Rien! Puisque le réel est déjà une réalité inculquée! D'ailleurs les écoles ne sont pas faites pour apprendre quelque chose mais pour faire prendre des vessies pour des lanternes. Je crois qu'on apprend qu'à travers les blessures de la vie, encore faut-il en avoir le courage, car avant tout, apprendre est une question de courage.

6 - Rien que de la viande ou une fille perdue ?

Il est vrai que la rencontre d'une fille perdue m'a toujours laissé la sensation d'un Ange de boucherie, ce goût ambigu sur les lèvres.

7 - Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

Je crois qu'on peut toujours se passer de poésie. Baudelaire était un dandy.

8 – D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

On laissera des traces qui mettront le temps que les ordures mettent à disparaître. Ensuite on sera peut-être des ombres, s'il existe des ombres sans lumière.

9 - Quel titre donnerais-tu à ton existence ? ( Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer , Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

Le dernier, j'aime beaucoup…

samedi 10 juillet 2010

QUESTIONS A TITRES : GUILLAUME SIAUDEAU

Neuf questions à titres

Réponses de Guillaume Siaudeau

° ° °

1 - Quelle est ta réaction quand, au creux de la vague, on s’évertue à te persuader que la plage n’est plus très loin, hein ?

Je garde le pied marin et la tête hors de l'eau, puis je replonge.

2 - Que le dictateur en appelle toujours au suffrage universel te semble-t-il une raison suffisante pour abandonner la démocratie à l’eau de rose de l’Idéal ?

Un sujet sur lequel je n'aurais pas aimé tomber quand j'étais à l'école...

3 – La haine de « l’ennemi » n’est-elle pas, parfois, plus délectable que l’amour du prochain ?

Jim Morrison avait trouvé un compromis pas mal, je crois que c'était « l'homme que vous aimez haïr ».

4 - Qui gagnera le combat pour l’individu ?

L'individu.

5 - Qu’as-tu appris à l’école du réel ?

A relativiser la vie...

6 - Rien que de la viande ou une fille perdue ?

Une fille perdue, sans hésitation. C'est le meilleur des bouts de viande.

7 - Penses-tu que si la vie était poétique, on pourrait se passer de poésie ?

La vie est déjà pas mal poétique, c'est pour ça que tout le monde ne se fout pas en l'air. Donc on ne pourrait pas se passer de poésie. Je ne suis pas difficile à convaincre, je vois de la poésie partout, et heureusement pour moi.

8 – D’après toi, laisserons-nous quelques traces ou serons-nous comme des ombres sur la terre ?

Nous laisserons quelques traces, insignifiantes, mais on laissera des p 'tits bouts. Faut du temps pour qu'un corps soit totalement éliminé. Moi je parie sur les ongles, ouais c'est ça, je pense qu'on laissera des bouts d'ongles...

9 - Quel titre donnerais-tu à ton existence ? ( Le voyageur et son ombre, Une saison en enfer , Les mauvais coups et L’amour de la vie sont déjà pris…)

Le clown et le croque-mort.